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Insurtech : 5 questions des 4 coins du pays

14 juin 2019

Insurtech : 5 questions des 4 coins du pays

Tout ce que vous devez savoir sur cette transformation majeure – et nécessaire – de l’industrie de l’assurance.

Les membres de notre équipe parcourent le Canada et les États-Unis et assistent à des expositions technos d’envergure, dont certaines liées au domaine de l’assurance. Au fil des rencontres, ils ont noté 5 questions récurrentes au sujet de l’Insurtech. Voici les réponses en rafale de notre président, Jean-Sébastien Guy.

Quelles sont les opportunités d’innovations en Insurtech?

Des compagnies telles que Lemonade ou Hippo sont non seulement en mesure d’offrir une couverture d’assurance en quelques clics, mais elles peuvent également traiter une réclamation en quelques secondes (3 pour être exact!). Cela inclut la vérification de la couverture, +-15 algorithmes antifraude, le transfert bancaire et le suivi avec l’assuré pour l’informer que la demande est complétée.

Ce n’est donc plus une question d’opportunité, mais bien une nécessité!

Quels sont les plus grands défis de la transformation et de l’adoption de l’Insurtech au Québec et au Canada?

À part le classique « cadre historiquement rigide, modèle d’affaires basé sur les résultats et les différentes régulations de l’industrie », nous voyons :

  1. La désuétude des technologies employées par les assureurs traditionnels
  2. Malgré le fait que les compagnies disent être conscientes du défi, il reste que dans plusieurs cas l’écart entre leur situation actuelle et les technologies innovantes comme les blockchains ou l’IA est tellement grand, que les compagnies sont paralysées par l’ampleur de l’investissement.

  3. Le manque de ressources humaines qualifiées
  4. Surtout dans un marché comme Québec, avec un faible taux de chômage qui est à la limite problématique, les entreprises s’arrachent les ressources de qualité.

  5. La facilité d’accès aux données de qualité, complètes et à jour
  6. Dans un contexte d’IA, d’Insurtech, mais surtout de vente par Internet, c’est probablement le plus grand défi. Contrairement aux États-Unis, le Canada est en retard en matière d’accessibilité aux données, qu’elles soient gratuites ou payantes.

Plusieurs initiatives ne peuvent voir le jour à cause du manque de données, ou simplement parce que celles-ci sont trop dispendieuses et ne permettent pas de retour sur investissement.

Concrètement, où voyez-vous les opportunités d’application de la blockchain en Insurtech?

Dans plusieurs cas, la blockchain va remplacer ou améliorer des processus d’affaires existants et dans d’autres situations, permettre des innovations. En ce qui concerne Korem, nous focalisons sur l’aspect « géolocalisation » qui fait déjà partie de la quasi-totalité des interactions entre assureurs et assurés.

Bien qu’il y ait très peu de cas client concrets pour l’instant, dû au manque de maturité des protocoles et au faible taux d’adoption du marché actuel, il n’en demeure pas moins que le besoin pour l’industrie de l’assurance de se « localiser » ne disparaitra pas avec l’arrivée des blockchains. Au contraire, il va s’accélérer et devenir omniprésent dans tous les processus d’affaires des entreprises. Les opportunités sont donc nombreuses!

En ce sens, nous avons vu apparaître le concept de « proof of location » dans les blockchains. Plusieurs startups comme Platin.io, XYO ou FOAM conçoivent des protocoles et API, afin de fournir une localisation certifiée et immuable à l’intérieur d’une blockchain.

Ces protocoles sont généralement indépendants du système de coordonnées latitude/longitude basé sur les GPS/GNSS, préférant se baser sur d’autres méthodes de géolocalisation plus précises et plus sécuritaires, comme les connections Bluetooth ou à faible fréquence.

Cela étant dit, la blockchain vient avec son lot d’incertitudes présentement : partout sur la planète, les producteurs d’énergie tentent de contrôler la croissance fulgurante des entreprises de datamining. Hydro-Québec a déjà songé à augmenter ses tarifs pour les entreprises d’exploration de données (datamining). Finalement il y a les ordinateurs quantiques qui pourraient permettre de déchiffrer les mécanismes de cryptages des blockchains en quelques secondes, ce qui diminuerait grandement leur valeur ajoutée.

Comment les assureurs peuvent répondre aux perturbations apportées par Internet : mobile first, AI first, bientôt blockchain first, peut-être?

Nous avons la chance d’évoluer dans un segment de marché qui a vécu les mêmes bouleversements il y a 10 ou 15 ans, quand Google a démocratisé le géospatial afin d’accélérer son intégration en entreprise.

Un sondage mené par Insurance Nexus auprès de 250 assureurs opérant au Canada démontre que près de la moitié (48 %) d’entre eux commencent à voir ou obtiennent déjà un bon retour sur investissement en intelligence artificielle. En revanche, 24 % des entreprises sondées disent ne pas encore voir de ROI, et 16 % ne croient pas en obtenir un d’ici deux ans.

Au niveau de l’IA, c’est assez simple : pas d’intelligence artificielle ou de machine learning sans données. Il existe déjà une panoplie de solutions technologiques entretenues par les géants informatiques mondiaux (Google, IBM, Microsoft, etc.), mais tout le monde est à la recherche de données. « Data is the new bacon »!

Nous sommes entrés dans l’ère de la monétisation de la donnée (data monetization). Les entreprises cherchent à rentabiliser leurs données d’entreprise en les redistribuant sous forme de jeux de données normalisés.
Korem contribue déjà au mouvement de l’IA, et cette contribution va s’accélérer dans les prochaines années, avec le plus vaste portfolio de données sur le marché! Tout ça grâce à notre écosystème de partenariats stratégiques avec +- 20 fournisseurs parmi les plus prestigieux de l’industrie, tels que Pitney Bowes, Here et Google.

Quels conseils donneriez-vous aux grandes entreprises pour faire face à la transformation Insurtech et apprendre à collaborer avec les startups?

Premièrement, accepter que nous ne puissions pas être bons dans tout.

Une compagnie d’assurance gère avant tout du risque et des relations clients. C’est Alex Veilleux, anciennement de Desjardins, qui disait que leur rôle « n’est pas de trouver le meilleur fournisseur de micropuces en Asie ». Il faut accepter de se faire accompagner et de s’entourer par des experts externes et spécialisés dans leur domaine respectif. Deuxièmement, réaliser que le Québec regorge d’entreprises et de startups innovantes. Nul besoin d’aller en Californie, en Chine ou à Bordeaux pour trouver « LA » prochaine jeune entreprise qui va changer le monde.

La réponse se trouve souvent dans notre propre cour : il s’agit simplement de s’intéresser aux « produits » locaux.

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